Vivre à feu doux, un bonheur vif

Le 29/05/2024 0

Gilles Archambault publie aux éditions du Boréal un énième recueil de nouvelles : Vivre à feu doux, le titre seul incite à la lecture.

La nouvelle est mieux perçue à l’étranger qu’en France ; à croire que dans l’hexagone, on place la quantité de pages écrites comme critère de qualité. Qu’importe, lire un bon recueil venu de l’étranger, là où la nouvelle s’apprécie, est une joie qui ne se refuse pas.

Gilles Archambault fleure bon ses 91 printemps. Le nouvelliste québécois a publié dans différents genres : romans, théâtre, essai, etc. Féru de jazz, il a écrit sur la musique et animé l’émission Jazz Soliloque sur Radio-Canada pendant de nombreuses années. Écrivain mélancolique, il produit depuis les années 1960 des livres traitant du temps, du vieillissement, de la mort. Le recueil Vivre à feu doux, édité par Boréal, éditeur de Montréal, n’échappe pas à la règle : On ne prend pas de l’âge impunément ouvre la nouvelle intitulée Funérailles où le récit saisit le lecteur jusqu’à son point final, plein de bon sens et d’humanité.

Les récits de Gilles Archambault sont courts, très courts. Il serait dommage de s’en gaver, il vaut mieux y venir et revenir avec lenteur, car les situations se distillent dans l’esprit et se savourent en profondeur. L’humour alterne avec l’émotion, dans une large variété de thèmes (les générations, l’intergénérationnel, le regard des jeunes, les habitudes ou les obligations liées à l’âge, etc.) et une palette d’angles de vue (le senior lui-même, l’aide ménagère, l’enfant ou le voisin).
Gilles Archambault est un conteur qui maîtrise sa plume, à un rythme tranquille, dans des scènes ordinaires où on se reconnaît sans peine : je ne prise pas toujours ma solitude de vieux célibataire, il m’arrive de pleurer, mais trouver plaisir dans la compagnie des autres à longueur de journées, pas question de ça ; la sentence, clamée dans la nouvelle Le tonneau des Danaïdes, sonne comme un éclat de vérité universelle, que reconnaissent même bien des gens mariés.
Enfin, les chutes sont soignées, on s’y laisse prendre avec plaisir, un rire parfois jaune au coin des lèvres, une larme rentrée dans la paupière.

Les versions imprimée et numérique traversent l’océan sans problème ; il suffit de demander celle qui vous convient.

Lien : Vivre à feu doux

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