Au moins deux mots, purement féminins, sont maltraités par les communicants, plus sensibles à ce qu’ils entendent et imitent qu’à ce qu’ils ont appris et prétendent défendre. Militons à notre modeste échelle pour le respect de notre langue.
La première victime est l’espèce, qui oserait dirait que ce terme n’est pas classé dans la catégorie des substantifs féminins ? Personne.
Pourtant, vous entendez à longueur de journée et vous lisez même un espèce de problème, un espèce d’enchaînement, un espèce de programme.
Qui s’en offusque ? Pas grand monde car la colonisation du mot par le masculin semble rentré dans les mœurs.
Eh bien, rendons ce mot au féminin et préservons-lui sa belle nature.
De la même manière, combien d’appels à texte exigent une taille fixée espace compris ?
Là, il faut comprendre que si l’œuvre a du caractère, elle sera envoyée en l’air, dans l’espace plus ou moins pollué qui environne les lanceurs d’appels. Un bon vieux typographe vous parlerait d’espace au féminin, rappelant que ce terme vient de "la petite lame de métal qu’on employait pour séparer les mots"... au temps où l'artisanat en typographie avait plus de valeur que la mécanique aveugle. Par métonymie, une espace désigne le blanc qui résulte de l’emploi de cette lame. C.Q.F.D.
Alors s’il vous plaît aux sélectionneurs qui exigent des textes bien écrits et prétendent ériger l'orthographe en critère de sélection : montrez l’exemple et sollicitez des œuvres en X caractères, espaces comprises.