Dans son ouvrage sur la nouvelle française, René Godenne écrit : Nous privilégierons à un moment le nom et l’œuvre d’Arland, parce qu’il est le seul auteur français qui ait voulu, très tôt dans sa carrière, s’exprimer exclusivement par la voie de la nouvelle : l’œuvre, unique à ce point de vue, s’imposait.
Marcel Arland naît le 5 juillet 1899 dans la Haute-Marne. Ses ancêtres sont laboureurs, manouvriers ou propriétaires vignerons, selon les saisons. Son enfance n’est pas très heureuse : après la mort de son père en 1903, sa mère le conduit pendant des heures sur la tombe paternelle. L’enfant se sent délaissé et moins aimé que son frère aîné. Il se réfugie dans la nature et les livres où il trouve le réconfort.
Avec son baccalauréat, il entre à la Sorbonne où il obtient sa licence de lettres ; sa carrière d’enseignant passe par Versailles puis Jouy-en-Josas. Il collabore alors à divers titres littéraires et crée deux revues d’avant-garde.
Son activité dans la vie littéraire lui donne un nom dans la capitale. Son premier ouvrage Terres étrangères est accueilli avec enthousiasme par André Gide et Marcel Arland devient un collaborateur régulier de la NRF. En 1929, le prix Goncourt couronne son roman L’Ordre, ce qui lui assure une autonomie financière et lui permet de quitter l’enseignement ; il entre alors au comité de lecture chez Gallimard.
Pendant la seconde Guerre Mondiale, il se retrouve à Langres, Nantes, puis en Algérie. À la Libération, il reprend une activité critique intense, assure la codirection de la NRF, avant d’en reprendre la tête jusqu’en 1977.
Le 20 juin 1968, il entre à l’Académie française, élu au fauteuil 26, succédant à André Maurois.
Marcel Arland meurt le 12 janvier 1986.
L’œuvre de Marcel Arland est dense. Il est un maître de la nouvelle : ses recueils sont des chefs-d’œuvre de concentration. Il crée un univers sombre et tourmenté où s’expriment les frustrations de l’enfance, les inquiétudes de l’adolescent, les déchirements du couple et l’impossibilité de communiquer.
Ses romans adoptent la forme de lettres imaginaires et glissent sur l’autobiographie.
Ses essais critiques dominent son œuvre après 1945.
Nouvelles : Maternité (1926 ) - Les âmes en peine (1927) - Édith (1929) - Les vivants (1934) - Les plus beaux de nos jours (1937) - Cinq contes (1944) - Il faut de tout pour faire un monde (1947) - Sidobre (1949) - L’eau et le feu (1956) - À perdre haleine (1960)