Nouvelles nocturnes, Bernard Quiriny
Il est des livres de saison, comme des habits d’hiver et d’autres propres à l’été. Le recueil Nouvelles nocturnes de Bernard Quiriny (Payot & Rivages) appartient aux livres des beaux jours.
Il se lit dans les moments où il est interdit de s’ennuyer, où la douceur des soirées efface les soucis laissés au boulot ou à la maison. Toutefois, la chose plaisante n’impose pas la gauloiserie, le bon sens reste au rendez-vous. Et là, l’auteur sait bien naviguer entre les écueils.
Ses deux premières nouvelles prêtent à sourire, avec la thèse universitaire sur le rien et la mort refusée au suicidaire ; les suivantes voguent entre des situations si ordinaires qu’on les néglige, des moments poétiques et des blagues surréalistes, voire irréalistes. Plusieurs thèmes reviennent : l’incapacité d’atteindre ses buts (Lelong qui ne peut pas mourir, M. Verne qui n’arrive pas à contacter ses interlocuteurs), le miroir de soi-même (le barrage sur la Rustule, les quatre dessinateurs), le milieu littéraire et ses incongruités (rue des écrivains, les Gendrault), la scolarité (Gai savoir, Professeurs). Néanmoins, la variété des approches et des angles de vue écartent toute monotonie et sentiment de répétition au sein des quelque vingt-cinq nouvelles, de longueur variable.
Enfin, et ce n’est pas la moindre qualité, les phrases sont entières, les personnages et les propos sont complets, les histoires ont un début, un enjeu et une conclusion, totale ou ouverte. Un véritable recueil d’été pour se divertir, s’étonner, s’amuser et s’interroger.
Juste une citation pour le plaisir : Redoutat (personnage enseignant), par la qualité de son silence, démontrait l’étendue de son érudition. Observation dont devraient s’inspirer bien des discoureurs.
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