Les contes effrayants du père Egor, Konstantin Choumov

Que savons-nous à la découverte du livre ? Les contes effrayants du père Egor, paysan dans l’ancien gouvernorat de Perm de Konstantin Choumov, traduit par Christophe Trontin (L’Harmattan).

L’éditeur présentait l’ouvrage comme relevant de l’univers des ‘'contes effrayants’’, des récits profondément ancrés dans le folklore, qui résonnent encore dans la mémoire collective.

La lecture constate toutes ces données, le travail est profond, multiforme et l’approche originale. D’abord, la longue introduction du traducteur, navigue à mi-chemin entre un rappel déontologique et des revendications de reconnaissance. Puis l’histoire unique d’un conteur qui enchaîne des souvenirs, des éléments de sagas et de légendes ; il s’agit là du corps de l’ouvrage, la partie de littérature populaire. Enfin, la postface de l’auteur, où il explique que « nous ne découvrons qu’aujourd’hui cette source inépuisable qui a longtemps fait l’objet d’une censure tacite. Ces récits n’étaient perçus que comme les reflets d’une vision religieuse et de superstitions qu’un matérialisme conquérant était appelé à combattre. »

Ainsi, les satisfactions de lire ce livre se succèdent : les militants professionnels d’aujourd’hui dans un premier temps, les folkloristes dans un deuxième, puis les analystes de la littérature orale et populaire.
L’ouvrage se révèle riche, trop riche peut-être. Les rêvasseurs comme nous, plus sensibles aux diables, aux esprits aquatiques et aux sirènes, sont heureux de circuler parmi ces êtres fantastiques, qui foisonnent et attestent de l’universalité des mythes et des croyances.

L’auteur, Konstantin Choumov, déclare s’être appuyé sur des sources multiples, où les narrateurs se succédaient. Il a opté pour la narration d’un seul conteur, Nikolaï Venediktovitch, appelé pépé Koliatout, et conservé le principe thématique. Dès lors, la lecture se transforme en une conversation, plutôt que le déroulement poncif d’un catalogue de légendes ; le lecteur n’est plus un spectateur extérieur, mais devient acteur, plongé dans le folklore de l’Oural ; parfois, un clin d’œil renvoie à une allusion précédente.

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