Incendies, Guy Bellinger
Guy Bellinger offre une plongée dans l’histoire de la Lorraine, sa nouvelle Incendies (Atramenta) évoque un peintre et ses émotions.
Sur le site Atramenta, les textes sont soit très courts – quelques lignes à quelques pages – soit très complets – un recueil ou des romans. Parfois une véritable nouvelle apparaît et devient la lecture d’une séance unique. Ainsi Guy Bellinger publie en lecture libre Incendies qu’il présente : "Lorraine 1644. Rencontres un rien mouvementées d’un peintre connu, de son domestique, d’un artisan cirier et d’une Madone… en chair, en os et en âme."
Le genre est posé : une nouvelle à caractère historique. Mais aucune considération de dates, d’influences, ni têtes couronnées, ni imbroglios politico-militaires. Juste une référence aux épidémies de peste qui courraient alors.
Un peintre va se fournir chez un marchand de cire et tombe sous le charme d’une demoiselle qu’il croit soumise contre son gré et qu’il voit en source d’inspiration irrésistible. À court texte, brève amorce, les péripéties s’enchaînent avec charme, sourire et questionnement, jusqu’à la chute inattendue.
Deux points agréables rythment le texte. D’abord, le vocabulaire, compréhensible tout en reflétant l’époque et le milieu visés : goton, obombrer, visage lilial et ludion, voilà des termes guère usités de nos jours, et qui arrivent ici au bon moment, au bon endroit. Ces mots voisinent aussi avec des formules originales, comme les castagnettes des dents pour évoquer l’effet du froid glacial dans l’atelier, la luminosité n’est encore que l’ombre d’elle-même, en guise d’aurore ou la révolte contre le Ciel s’effilocha sous le frottement des jours, qui illustre à merveille l’usure des résolutions qui s’oublient.
Si une nouvelle est un texte qui se lit en une seule séance, celle de Guy Bellenger en mérite plusieurs, car comme un bon vin, elle se déguste à petites gorgées.
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