Jean Balthazar Marie Mallard de La Varende, baron Agis de Saint-Denis, "vicomte" de La Varende, connu sous le nom de Jean de La Varende, est né en mai 1887 au château de Bonneville à Chamblac (Eure)
Auteur de plus de deux cents nouvelles, d’une vingtaine de romans, d’une dizaine de biographies et de monographies sur la Normandie, La Varende s’est attaché à l’évocation du terroir avec ses curés de campagne, ses paysans et ses hobereaux, tout en exprimant sa nostalgie de l’Ancien Régime et sa passion pour la mer et les marins.
Jean de La Varende voit le jour en Normandie, au château familial. Son père meurt le 27 juillet de la même année. Sa mère retourne chez ses parents à Rennes pour élever ses enfants. La Varende retint de son grand-père maternel, le contre-amiral comte Camille Fleuriot de Langle, nombre d’histoires de marins et de voyages, dont plusieurs sont devenues des nouvelles.
À douze ans, le jeune Jean écrit son premier texte, La Fille du garde-chasse, dont le manuscrit est perdu. Il fait ses études comme pensionnaire au collège Saint-Vincent de Rennes ; au cours de ces années, il rédige Nos amours perdues et Péché originel, manuscrits également perdus.
Sa santé l’empêche d’intégrer l’École navale : son œuvre sera en partie un hommage à la "grande bleue" et aux marins du passé. Il entre à l’École des beaux-arts de Paris,
En 1914, Jean de La Varende est affecté comme infirmier à Vernon, puis comme brancardier sur le front.
Démobilisé en 1919, il rentre en Normandie où il vivra quatre décennies d’écrivain prolifique et de châtelain aux mains calleuses. Conférencier à l’école des Roches, il entretient son domaine et ses jardins, publie son premier livre, L’Initiation artistique (1927) texte d’une de ses conférences. Il écrit des nouvelles et monte des maquettes de navires de toutes époques.
Les débuts de La Varende en littérature sont difficiles. Il essuie de nombreux refus d’éditeurs parisiens, mais publie quelques contes au Mercure de France. C’est l’éditeur Maugard, de Rouen, qui va assurer sa notoriété en publiant une série de nouvelles, Pays d’Ouche (1934). Le même éditeur publie en 1936 son Nez-de-Cuir, gentilhomme d’amour : fruit d’une longue recherche dans les archives familiales ; ce premier roman est un succès, qui reçoit trois voix au prix Goncourt !
Ses succès littéraires lui permettent de poursuivre la restauration du château de Bonneville, au Chamblac. En quelques années, les romans se succèdent où il place, sous des noms d’emprunt, ses personnages souvent tirés des histoires familiales dans plusieurs de ses écrits. La famille de La Bare et celle de Tainchebraye, la famille d’Anville et celle de Galart ; autant de noms que le lecteur apprend à connaître en vivant à côté d’eux, dans la glèbe normande, ou dans un salon, comme La Varende les a conçus.
Le 22 novembre 1939, il perd son épouse Jeanne. Pendant la guerre éclair, la France étant sur le point de céder, il se rend aux Pays-Bas, puis rentre et se plonge davantage dans l’écriture.
Ce sont vingt ans d’écriture frénétique qui s’ouvrent alors, et La Varende publie à tour de bras ses nouvelles dans les revues de l’époque. Malheureusement pour son œuvre, la plupart de ces journaux sont acquis aux thèses collaborationnistes. On l’associe alors cette tendance. En fait, s’il est très critique vis-à-vis de la démocratie, ses écrits ne sont que des nouvelles littéraires, aux intrigues situées hors de son époque. Fidèle à ses convictions royalistes, il refusera de mettre sa plume au service du régime de Vichy ou de l’idéologie des journaux collaborationnistes.
Le 16 décembre 1942, La Varende est élu à l’académie Goncourt. Il en démissionne deux ans après, réagissant aux reproches qui lui sont faits sur ses publications dans des journaux "collabos" et sur des différends qui opposent les académiciens Goncourt. Sa démission lui permet peut-être d’éviter une exclusion, mais la faveur de La Varende auprès du public ne se dément pas, et son enthousiasme à écrire non plus.
En 1944, sa santé chancelle ; il se repose à Caen, au cœur de la ville meurtrie. En quelques jours, sur des bouts d’ordonnances, il parcourt en pensée le littoral normand, cette frontière entre sa terre et sa mer, dans un ouvrage intitulé Les Côtes de Normandie, où il promène le lecteur du Mont-Saint-Michel à Eu, de villes maritimes en baies poissonneuses.
L’écrivain, dont le talent se déploie dans une succession incessante de nouvelles et de romans, continue son travail inlassable. Parmi ses écrits, plusieurs nouvelles sont encore inédites.
Il meurt à Paris en 1959 et il est inhumé, avec ses ancêtres, au cimetière de Chamblac, à proximité du château.